Anorexie et boulimie

L’anorexie et la boulimie sont plus que des mauvaises habitudes par rapport au poids et à l’alimentation. Ces troubles de santé mentale menacent la santé et la vie des jeunes filles, mais aussi des femmes et des hommes de tous âges qui en souffrent.

De quoi s’agit-il?

L’anorexie et la boulimie font partie des problèmes de santé mentale qu’on appelle « troubles de l’alimentation ». Les personnes atteintes ont des pensées, des attitudes et des comportements déréglés à l’égard de leur alimentation, de leur poids et de leur image corporelle. Les répercussions sur leur santé physique et mentale sont importantes et peuvent même menacer leur vie.

Même si aucun pays n’est à l’abri de ces maladies mentales, on note davantage de cas dans les pays développés. Ces troubles apparaissent généralement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Bien que les garçons et les hommes puissent aussi être touchés, la majorité des personnes atteintes, soit 90 %, sont de sexe féminin. On estime que 3 % de la population féminine québécoise est atteinte de ces troubles, trois fois plus si on inclut les atteintes à un moindre degré. De 10 à 20 % des personnes atteintes en décèderaient en raison de complications.

L’anorexie et la boulimie sont deux problèmes de santé distincts, mais une personne peut présenter ces deux troubles de l’alimentation successivement.

L’anorexie

L’anorexie, aussi appelée « anorexie nerveuse », est caractérisée par une obsession de la minceur et une peur extrême de prendre du poids, au point de restreindre son alimentation ou même de refuser de s’alimenter. Les personnes souffrant de cette maladie sont obsédées par la peur d'engraisser ou d’avoir un surplus de poids, ce qui peut les pousser à devenir extrêmement maigres.

L’anorexie  entraîne une terrible souffrance physique et psychologique : acrocyanose (troubles circulatoires menant à des extrémités bleutées), perte de cheveux et cheveux cassants, lanugo (apparition d’un duvet), anémie (lien fiche), problèmes de concentration, insomnie, irritabilité, anxiété et dépression. Pour se protéger, le corps ralentit la vitesse de son métabolisme. Chez la femme, cela peut provoquer l'arrêt des menstruations. La privation de nourriture peut aller jusqu'à entraîner des troubles aux organes vitaux comme le cœur et le cerveau. Des arythmies, le ralentissement de la fréquence cardiaque (pouls), de même qu’une détérioration des capacités intellectuelles sont possibles.

Les signes et symptômes possibles de l'anorexie

  • Poids inférieur au poids santé (au moins 15 % en dessous du poids santé) sans raison médicale connue;
  • Peur constante d’engraisser ou d’avoir un surplus de poids, malgré un faible poids;
  • Perception perturbée de son image corporelle, à laquelle une importance démesurée est accordée;
  • Restriction alimentaire;
  • Préoccupations et obsessions par rapport à la teneur en gras ou en calories des aliments;
  • Apparition de rituels ou d’habitudes alimentaires particulières (par exemple, refus de manger devant les autres);
  • Exercices physiques excessifs;
  • Retrait social et émotif;
  • Saute d’humeur, irritabilité, insomnie, anxiété, dépression, etc.;
  • Non-reconnaissance du danger de la situation.

Boulimie

La boulimie, ou « boulimie nerveuse », se manifeste par des épisodes de consommation excessive et impulsive d'une grande quantité de nourriture (hyperphagie), suivie  de diverses pratiques néfastes en réaction à la perte de contrôle alimentaire et à la peur de grossir : par exemple, vomissements, consommation de diurétiques ou de laxatifs, ou encore pratique d’exercices excessifs. Selon les critères diagnostiques du DSM-V (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), ces épisodes doivent avoir lieu au moins une fois par semaine pour pouvoir qualifier cette pratique de boulimie. En général, les personnes atteintes maintiennent un poids normal, ce qui leur permet parfois de cacher ce problème pendant des années.

Comme pour l’anorexie, la boulimie entraîne également une grande souffrance physique et psychologique. Les vomissements peuvent causer une inflammation de l'œsophage et un gonflement des glandes salivaires. Rarement, une rupture de l’estomac pourrait être associée à l’hyperphagie. L’usage abusif de laxatifs ou de diurétiques peut engendrer des désordres électrolytiques et mener, entre autres, à des troubles cardiaques. Comme pour l'anorexie, la boulimie peut causer des irrégularités menstruelles.

Les signes et symptômes possibles de la boulimie

  • Compulsion alimentaire (manger une grande quantité d’aliments dans un court laps de temps); 
  • Impression de perdre le contrôle sur sa consommation de nourriture; 
  • Comportements de purges, dictés par la peur d’engraisser à la suite des épisodes de compulsion alimentaire : par exemple, vomissements provoqués, utilisation de laxatifs ou de diurétiques ou encore exercices excessifs. L’utilisation fréquente des toilettes après les repas peut en être un indice;
  • Perception perturbée de son image corporelle, à laquelle une importance démesurée est accordée; 
  • Peur de prendre du poids;
  • Problèmes dentaires (par exemple, caries, enflure des glandes salivaires et saignement des gencives);
  • Troubles cardiaques (arythmie, baisse de la pression artérielle);
  • Retrait social et émotif;
  • Saute d’humeur, irritabilité, insomnie, anxiété ou dépression.

Les facteurs de risque

L’anorexie et la boulimie sont causées par une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux. Voici des facteurs de risque possibles :

  • La génétique, des antécédents personnels ou familiaux de problèmes de santé mentale (par exemple, troubles de l’alimentation, dépression ou troubles anxieux);
  • Des facteurs familiaux ou sociaux (par exemple, dépendance ou relation malsaine);
  • Des traits de personnalité comme une faible estime de soi, le perfectionnisme, l’impulsivité, la compulsion, l’autocritique, etc.; 
  • Un stress émotionnel (par exemple, un conflit, un décès, une histoire d’agression sexuelle ou de violence);
  • Le fait de subir des pressions quant à son poids. Pour cette raison, les personnes obèses, mais aussi les danseurs, les mannequins et les athlètes comptent parmi les personnes à risque; 
  • Le culte de la minceur dans notre société industrialisée joue fort probablement un rôle dans l’apparition de ces troubles, surtout la boulimie.

Le traitement

Le traitement nécessite une approche personnalisée et multidisciplinaire. La durée et la nature des interventions varieront selon les besoins de chaque personne. Afin de prévenir les rechutes, il est important de prendre en compte le contexte familial et social, et de travailler en collaboration avec tous les membres de la famille.

La psychothérapie individuelle constitue la base du traitement. Celui-ci pourra inclure également un suivi nutritionnel, une thérapie familiale ou de couple, la participation à des groupes d'entraide et la prise de médicaments (par exemple, antidépresseurs ou anxiolytiques). 

Les complications physiologiques résultant du désordre alimentaire doivent également être traitées.

Si vous croyez souffrir d’un trouble alimentaire ou qu’une personne de votre entourage en est atteinte, il est important d’aller chercher de l’aide auprès d’un professionnel de la santé (par exemple, médecin, psychologue, pharmacien) ou d’un groupe d’information et de soutien. N’hésitez pas à discuter de vos préoccupations en toute confidence avec votre pharmacien. Il a votre santé et votre bien-être à cœur.

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